Le film « Yeh Ballet » : un « Billy Elliot » aux saveurs orientales

Réalisation ⭐⭐⭐⭐ /5
Acteurs⭐⭐⭐ /5
Scénario⭐⭐⭐ /5
Émotion⭐⭐⭐ /5

Que raconte ce film ?

Yeh Ballet met en scène deux personnages principaux : Asif (Achintya Bose) et Nishu (Manish Chauhan). Ces deux adolescents sont pauvres et issus de la banlieue de Mumbai. Asif a pour habitude de s’amuser avec ses amis et est plutôt indiscipliné

Nishu pratique la Danse de rue en amateur. Il participe à un concours de danse télévisé, dans lequel il remporte le prix du meilleur « showman ». Dans les coulisses, le directeur de l’Académie de Mumbai vient lui proposer d’intégrer des cours de danse classique. L’intéressé refuse d’abord, par manque de moyens, puis promet d’y réfléchir.

Asif danse le break lors de « battles » avec ses amis. Son grand frère a vanté son talent auprès de l’école de danse pour laquelle il fait des livraisons. Asif est donc contraint de se rendre lui aussi à l’Académie de Danse de Mumbai.

Bande annonce de Yeh Ballet

Le professeur de Danse classique, Saul (Julian Sands), est israélien et a fait toute sa carrière de soliste en Amérique. Saul est un homme détestable, colérique et impatient. Les élèves le haïssent, et particulièrement Asif, qui décide de le faire trébucher, plus par bêtise que par vengeance.

En essayant de retrouver le pied qui l’a fait tomber, Saul repère Asif. Impressionné par le corps de ce dernier, Saul lui demande de revenir au cours de Danse le lendemain.

Nishu est jaloux de sa réussite et, pour se faire remarquer lui aussi, défend Saul dans une émeute dans laquelle il est impliqué.

Le professeur voit du potentiel en Asif et Nishu. Son exigence les mènera vers les étoiles. Les deux danseurs devront envoyer des candidatures aux écoles de l’Oregon Ballet Theatre School, et à la Royal Ballet School.

Mon ressenti

Ce film, réalisé par Sooni Taraporevala est d’une qualité correcte et d’un style tout à fait banal. Le spectateur entre dans l’histoire par un magnifique plan aérien de Mumbai, accompagné de la somptueuse musique de Tchaïkovski : le « Pas de Deux » de Casse-Noisette.

La vie dans cette ville est particulièrement agitée, et la Danse marque un temps d’arrêt à ce brouhaha permanent.

Le film est entrecoupé d’émeutes religieuses entre les hindous et les musulmans qui nous perdent parfois. Peut-être aurait-t-il fallu développer cette partie, qui aurait apporté une couleur différente à l’histoire ? Le rythme est quant à lui assez soutenu, et des rebondissements surviennent régulièrement, maintenant le spectateur en haleine.

Saul, le professeur de Danse est interprété par Julian Sands. L’acteur n’a pas brillé pour son jeu. De plus le personnage répond généreusement aux stéréotypes attribués aux professeurs de Danse classique : à savoir un vieil homme frustré, impétueux et rejeté des siens. Cependant, au fil de l’histoire, Saul devient plus humain, en voyant évoluer « ses garçons » (comme il les appelle) désireux d’apprendre.

L’histoire ne propose quant à elle rien de nouveau. Ce film est en réalité un Billy Elliot à deux personnages : deux garçons de milieux défavorisés, remarqués par hasard et qui parviennent à exercer leur passion. Elle montre aussi la difficulté que doivent surmonter les deux danseurs pour accéder à leurs rêves. De nombreuses scènes l’illustrent comme celle dans laquelle Nishu dit à Saul : « Je veux devenir danseur de ballet ». Son interlocuteur lui répond : « Oui, toi et 1 million d’autres mon ami« . Il y a aussi une scène où un élève arrête le ballet sous prétexte « qu’il tient à ses os ».

Ma scène préférée est celle dans laquelle Nishu danse pour les malades. Il leur rend le sourire et a lui-même l’air accompli et heureux. Il communique avec eux à travers des mouvements pantomimes universels. La musique qui l’accompagne est très bien choisie, elle complète parfaitement sa Danse.

Il est vrai que tout au long du film, le spectateur éprouve une préférence pour Nishu, car il semble plus gentil que son camarade Asif. Les deux acteurs ne sont pas particulièrement bons danseurs, mais ils ont l’air passionnés et leur technique ne gêne en rien le visionnage du film. L’engouement des deux danseurs va si loin que leurs activités quotidiennes : faire le ménage, prendre le métro etc. se transforment en véritables chorégraphies.

Le film se conclut sur cette phrase : « ce scénario est inspiré d’une histoire vraie ». En effet, Manish Chauhan, qui a terminé sa formation à l’Oregon Ballet Theatre veut maintenant rejoindre une compagnie internationale. Amiruddin Jallaluddin Sahh est maintenant à la Royal Ballet School. Il a obtenu la bourse Nadia Nerina en 2017. Le professeur, de son vrai nom Yehudo Ma’or, continue de vivre et d’enseigner à Mumbai. Ses cours sont toujours pleins d’élèves désireux d’être découverts.

Pour conclure, je dirais que ce film est intéressant à visionner, malgré son scénario assez banal. Découvrir que cette histoire est vraie ajoute une note d’espoir à ce film, qui marie Danse, la persévérance, l’amitié et amour.

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Je m'appelle Hippolyte et je pratique la danse classique avec passion depuis l'âge de 8 ans. Je suis rentré à l'école de danse de l'Opéra de Paris en 2015 et y suis resté pendant 4 ans. J'aimerais vous faire partager mon amour pour cet Art, à travers ce que j'écris.
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5 commentaires pour “Le film « Yeh Ballet » : un « Billy Elliot » aux saveurs orientales

  1. Merci pour tous vos commentaires sur la danse.
    Véritables pépites pour une passionnée. Bonne continuation (pour notre plus grand plaisir)

    1. Merci beaucoup, votre commentaire nous fait très plaisir, car nous sommes maintenant 4 à écrire pour ce blog. Bonne soirée Eliott.

  2. Bonjour
    Je suis en grand passionné de film de danse mais plus particulièrement de film de chorégraphie type hip-hop ou break dance ( je ne sais même pas si cela se dit ! :)). Mais en voyant ce film j’ai vu une beauté particulière dans la danse classique. Je sais qu’elle est très exigente et je salue sincèrement tous les passionnés de cet art.
    Ce film Yeh ballet pour ma part est un petit délice…. Je découvre depuis plusieurs temps maintenant une culture de la danse en Inde qu’elle soit maintenant classique, hip-hop ou culturelle et j’adore.
    Bravo.
    C’est il me semble mon premier commentaire sur un film et cela grâce à la danse 🙂

    1. Bonjour,
      Nous sommes très heureux de voir que vous avez apprécié notre article. Effectivement la Danse classique est extrêmement rigoureuse. Nous sommes encore plus heureux de voir que vous avez pu découvrir de nouvelles choses sur notre site, car c’est le but premier de Master Danse : vous faire réfléchir, et vous instruire.
      Bien à vous,
      Hippolyte P.

  3. Bonjour, je me permets quelques petites remarques sur votre critique.
    Concernant la technique des deux protagonistes: Manish Chauhan (Nishu) a commencé la danse classique tard, à 19 ans seulement (il en a 21 il me semble). Achintya Bose (Asif) suivait des cours de danse contemporaine quand il a obtenu son rôle, il a eu donc 6 mois d’entraînement intensif classique avant de commencer le tournage. C’est donc d’une certaine façon une sacrée prouesse d’être arrivé à ce niveau en si peu de temps.
    Pour l’émeute religieuse, elle n’est qu’anecdotique et à partir du moment où le film s’adresse principalement aux spectateurs indiens, il n’est pas nécessaire de développer, tout le monde comprend le problème sous-jacent et d’ailleurs ce n’est pas le but du film de partir sur le terrain glissant des antagonismes inter-communautaires. Le message principal, adressé aux spectateurs indiens, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, se résume à : avec la volonté et détermination, on peut réussir à poursuivre ses rêves, quel que soit le milieu dont on vient, il faut donc essayer et ne pas se mettre des barrières d’office (parce qu’on vient d’un bidonville, d’une famille pauvre qui se saigne pour payer l’éducation supérieure ou d’un milieu où la religion « interdit » l’expression artistique comme la danse etc). Et pour les parents, de soutenir leurs enfants s’ils ont une passion, au lieu de les juger/décourager/punir. Pour un spectateur indien, ce film est d’une grande fraîcheur, loin du cinéma pur Bollywood, mettant en scène des protagonistes ordinaires mais exceptionnels à la foi.
    Mais évidemment si on ne connaît pas l’Inde avec ses richesses et ses problèmes, il peut être difficile de changer son regard trop européocentré.

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